Embouteillages interminables, circulation paralysée, activités économiques ralenties et population exaspérée : l’opération de contrôle intensif des documents de bord menée à Lubumbashi par la DRHKAT soulève de nombreuses interrogations. Si l’État est en droit d’exiger le respect des obligations fiscales et administratives, une autre question mérite d’être posée : pourquoi tant de citoyens peinent-ils à se conformer à ces exigences ? Entre coût élevé des documents, multiplication des démarches administratives et réalités économiques difficiles, la proposition de « Loi Tshizau » apparaît aujourd’hui comme une piste de réflexion de plus en plus soutenue par la population.
Depuis plusieurs jours, Lubumbashi vit au rythme des embouteillages, des ralentissements et d’une circulation fortement perturbée. À travers différents points stratégiques de la ville, la DRHKAT a installé des barrières de contrôle afin de procéder à la vérification des documents de bord dans le cadre d’une opération qualifiée de recouvrement forcé.
Cette situation, qui impacte aussi bien les usagers que les activités économiques, soulève une question essentielle : pourquoi faut-il en arriver à des contrôles massifs pour pousser les citoyens à obtenir leurs documents administratifs ? Qu’est-ce qui empêche une grande partie des conducteurs de répondre volontairement à leur devoir civique, lequel permet à l’État de mobiliser des ressources destinées notamment à l’amélioration des infrastructures routières ?
Pour Axel Tshizau Zama, acteur politique basé à Kolwezi, la réponse se trouve en grande partie dans le coût élevé des documents de bord. Selon lui, de nombreux citoyens, déjà confrontés à des difficultés économiques importantes, ne disposent tout simplement pas des moyens nécessaires pour faire face à ces charges administratives.
Sa réflexion l’a conduit à proposer ce qu’il appelle la « Loi Tshizau », une initiative visant à réduire considérablement le coût des documents afin de les rendre accessibles au plus grand nombre. Selon cette approche, des tarifs plus abordables encourageraient davantage de citoyens à se mettre en règle, augmentant ainsi le nombre de contribuables et, par conséquent, les recettes de l’État.
À cette mesure s’ajoute une seconde proposition : la création d’un guichet unique permettant de payer et d’obtenir l’ensemble des documents de bord dans un seul et même lieu. Une réforme qui viserait à simplifier les démarches administratives, à réduire les déplacements, les pertes de temps ainsi que les nombreuses tracasseries souvent dénoncées par les usagers.
Interrogés sur cette proposition, plusieurs citoyens se montrent favorables à une telle réforme.
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« Le panier de la ménagère n’est pas du tout reluisant et les taxes deviennent de plus en plus difficiles à supporter pour de nombreux citoyens », explique Serge Mpundu, résident de Kolwezi.
Pour Isaac Ngoie, il faut également tenir compte de l’évolution des villes congolaises. Avec leur croissance démographique et leur extension géographique, les distances entre les zones d’habitation et les centres d’activités deviennent de plus en plus importantes, poussant davantage de familles à acquérir un véhicule pour faciliter leurs déplacements.
Sarah Mpande partage cette analyse. Selon elle, les écoles, banques, hôpitaux et principaux centres d’activités demeurent concentrés dans les centres-villes, obligeant de nombreux citoyens à effectuer quotidiennement de longs trajets. Cette réalité contribue naturellement à l’augmentation constante du nombre de véhicules dans des villes comme Lubumbashi ou Kolwezi.
Dans ce contexte, la proposition de la Loi Tshizau apparaît, pour plusieurs observateurs, comme une réflexion qui mérite une attention particulière de la part du pouvoir législatif. Portée par un citoyen directement confronté aux difficultés qu’il décrit, elle se veut avant tout une tentative de concilier les besoins de l’État, les impératifs de sécurité routière et les réalités économiques de la population.
Car au-delà des contrôles et des sanctions, la véritable question reste peut-être celle-ci : comment amener les citoyens à respecter la loi en rendant celle-ci accessible à tous ?
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Rédaction | Empreinte Magazine.